Centre de santé de Basse-Engadine

Un centre médical au service du bien-être des habitants et des visiteurs

Lancé en tant que projet pilote, il est devenu un modèle médical à succès. Le Centre de santé de la Basse-Engadine rassemble, sous un même toit, toute une série d’offres médicales ou liées à la santé, au bien-être ainsi qu’aux services d’urgence et de soins. Cela garantit non seulement une prise en charge optimale des patients, mais s’avère également rentable sur le plan financier.

Le projet en bref

  • Soins de santé dans la région de la Basse-Engadine
  • 450 employés
  • Scuol/GR

Joachim Koppenberg pousse un petit chariot dans le couloir du service des urgences. Sur celui-ci se trouvent une tablette, des médicaments ainsi que divers équipements médicaux. À l’autre bout du couloir, une porte automatique s’ouvre. Elle mène directement au service de soins «Chüra Lischana». C’est là qu’il retrouve sa patiente. «Bonjour Madame Gächter, comment allez-vous aujourd’hui?», demande Joachim Koppenberg. Joachim Koppenberg est à la fois médecin-chef du service d’anesthésiologie, du traitement de la douleur et de la médecine d’urgence, directeur de l’hôpital de Scuol, ainsi que président de la direction du Centre de santé de la Basse-Engadine. «Aujourd’hui, je suis de service en tant que médecin, c’est pourquoi je porte une blouse blanche. Quand je me déplace comme directeur de l’hôpital, je porte généralement un t-shirt», explique Joachim. En tant que spécialiste de la prise en charge de la douleur, il traite Mme Gächter environ quatre fois par an. «Comme le service de soins est directement rattaché à l’hôpital et fait partie du Centre de santé, cela se passe rapidement et sans complication», précise Joachim. Outre «Chüra Lischana» et l’hôpital de Scuol, le Centre de santé de la Basse-Engadine comprend encore des services de gériatrie, une clinique de rééducation, le service d’aide à domicile, un centre de consultation, ainsi qu’un espace de bien-être et de détente. En somme, toutes les structures de santé de la région sont réunies sous un même toit, à l’exception des médecins généralistes. «Ce système intégré nous permet d’améliorer la collaboration entre les différents services. Nous avons ainsi pu dépasser le système de cloisonnement classique, où chaque structure ne s'occupe que d'elle-même», explique Joachim.

«Les communes brossaient un tableau bien sombre»

Joachim est arrivé à l'hôpital de Scuol il y a 22 ans, en tant que médecin-chef. Auparavant, ce natif de Bavière exerçait comme médecin à l'hôpital universitaire de Regensburg. À l'époque, un collègue lui avait montré une offre d'emploi provenant de Basse-Engadine ; puis les choses se sont enchaînées rapidement. «Je connaissais déjà Scuol avant mes études. J’y avais passé un an, en tant que moniteur de snowboard et que maître-nageur», raconte Joachim en riant. Alors qu’il était encore un jeune médecin-chef, Joachim a dû se pencher sur des questions politiques peu après son entrée en fonction : «Autrefois, les communes brossaient un tableau assez sombre quant aux soins de santé de la région. Les responsables communaux estimaient, avec clairvoyance, que si nous ne changions pas quelque chose, nous n’aurions plus de moyens financiers.» En effet, dans le canton des Grisons, ce sont les communes qui doivent prendre en charge les soins médicaux de base. Joachim et son équipe, en collaboration avec le directeur de l’époque, se sont donc mis en quête d’un nouveau concept et ont opté pour un modèle de soins intégrés. «À l’époque, ce n’était encore qu’une vision. Mais nous n’étions pas sûrs que cela fonctionnerait.» Au bout de quelques années, il est rapidement apparu que cette vision s’imposerait comme un modèle pour une région de montagne telle que la Basse-Engadine. Non seulement la satisfaction des patients s’est améliorée, mais cela a également permis de mieux maîtriser les coûts. «Par exemple, au lieu de construire un centre de soins supplémentaire, nous avons développé un service à domicile. Nous avons ainsi pu économiser des millions et répondre en même temps aux souhaits de la population.» Une blanchisserie centralisée, un système informatique harmonisé ou encore une prise en charge coordonnée des plaies et blessures sont autant de facteurs contribuant à la réduction des coûts. Par conséquent, les frais pour la santé sont aujourd’hui très bas pour les quatre communes de la Basse-Engadine. «L’année dernière, les communes ont dû contribuer à hauteur d’environ 800’000 francs pour l’ensemble du centre de santé, dont seulement quelque 145’000 francs pour l’hôpital. Dans d’autres régions comparables, les communes doivent investir des millions dans les soins de base, et ce uniquement pour l’hôpital», explique Joachim.

  • «Avec ce centre de santé, Joachim Koppenberg et son équipe démontrent clairement comment, avec du courage et de bonnes idées, il est possible de fédérer divers acteurs au sein d’une région de montagne. Cette prise en charge médicale intégrée améliore non seulement le bien-être des patients, mais renforce également l’économie régionale.»

    Gabriela Manser, membre du jury

De la prise en charge à la création de valeur

Au total, environ 450 personnes travaillent pour le centre de santé de la Basse-Engadine. Ce centre joue donc un rôle essentiel, non seulement pour les soins, mais aussi pour le développement économique et touristique de la région. Ce succès ne passe pas inaperçu, y compris au niveau politique. «Le centre de santé est un exemple quant à la manière dont les soins peuvent être mis en œuvre dans les régions de montagne», déclare Peter Peyer, conseiller d’État du canton des Grisons, avant d’ajouter: «Les habitants bénéficient non seulement de soins médicaux sur place, mais aussi d’emplois et, par la même occasion, d’une importante création de valeur qui reste dans la région.»

Au bout d’une dizaine de minutes, la consultation de Mme Gächter est terminée. Encore quelques mots avant que Joachim ne repasse la porte coulissante avec son petit chariot pour regagner le service des urgences. Il n’a plus de patientes à voir aujourd’hui, mais encore pas mal de travail administratif. Pour cela, il n’a plus besoin de sa blouse. «Je consacre environ 50 % de mon temps à mon métier de médecin, 30 % à celui de directeur d’hôpital et 20 % à celui de président de la direction du centre de santé. Mais pour moi, une chose est claire : je reste avant tout un médecin.»

Texte: Lukas Ziegler
Images: Alexandra Rozkosny
Vidéo: Daniel Farrèr, Filmwerft

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