Stoos Lodge
Hôtel moderne et cœur du village
Hôtel moderne et cœur du village
Stoos: ce nom évoque le funiculaire le plus escarpé au monde ou un domaine skiable adapté aux familles. Mais certains y sont aussi chez eux. Quelque 150 personnes vivent toute l’année dans ce village situé à environ 1320 m d’altitude, sur une terrasse ensoleillée qui surplombe la vallée de la Muota. On y trouve une école, un magasin de village et plusieurs bistrots. Mais le village n’avait pas de véritable centre proposant des événements et des concerts. Cela a changé depuis la construction du Stoos Lodge. «Dès le départ, nous voulions être un hôtel ouvert à tous. Même si l’hôtel est moderne, nous voulions que tout le monde s’y sente bien», souligne Dominik Lichtenhahn, son directeur. Au début, le Stoss Lodge a eu du mal à convaincre les habitants du village. «Pour nous, il était important d’apporter d’emblée une véritable valeur ajoutée à la population locale. Nous avons donc organisé des concerts et des événements gratuits ouverts à tous.» Tout cela a porté ses fruits. Depuis quatre ans, le Stoos Lodge est devenu un lieu de rendez-vous vivant pour les autochtones.
Le Stoss Lodge peut accueillir 245 clients répartis dans 101 chambres différentes. Un soir de février, le salon est parfois plein à craquer. «Les férus de sports d’hiver en tenue de ski croisent alors les clients de l’hôtel à l’apéritif ou les autochtones qui viennent prendre une bière après le travail, sans compter les enfants qui courent dans tous les sens», raconte Dominik. Ce mélange détonnant est voulu, même s’il est une gageure pour le personnel. Mais le calme prévaut à certains moments. C’est le cas lorsque Barbara Elsener dispense son cours de yoga hebdomadaire dans les combles: «L’hôtel met la salle gratuitement à notre disposition», explique cette femme de 55 ans, «nous pouvons ainsi proposer l’heure à un prix très avantageux.» Ce sont surtout les villageois qui viennent faire du yoga, mais parfois aussi des clients de l’hôtel. «Ensuite, nous allons souvent boire un verre ensemble. Tout le monde est ravi d’échanger.» Ces échanges commencent désormais dès le plus jeune âge: le Stoss Lodge dispose également, au rez-de-chaussée, de sa propre crèche. Elle est destinée aux enfants du personnel, originaires d’une trentaine de pays, ainsi qu’aux familles du village et de la vallée. Les pièces ont été conçues dès le départ pour les plus petits. «Lorsque j’ai besoin de faire une petite pause en journée, je viens leur rendre visite», ajoute ce directeur d’hôtel de 32 ans. «La joie et l’insouciance des enfants sont contagieuses. Ensuite, je reprends le travail avec un regain d’énergie.»
Werner Schiesser, membre du jury
D’après lui, se créer un réseau est la clé du succès. «Nous travaillons autant que possible avec des producteurs locaux», raconte Dominik, «par exemple avec le paysan de montagne Alois Fassbind». Sur l’alpage qui surplombe le village, ce dernier fabrique chaque été jusqu’à six tonnes de fromage avec son fils Ruedi. L’hôtel en achète directement une grande partie. «Bénéficier d’un acheteur si proche est une aubaine», explique Alois. Aujourd’hui, collaborer étroitement va de soi à Stoos. Il n’en a pas toujours été ainsi. Il y a environ 20 ans, les deux sociétés de remontées mécaniques travaillaient plutôt l’une contre l’autre qu’en bonne intelligence. Aujourd’hui, leur collaboration est exemplaire. Bruno Lifart a été aux premières loges de ce changement. Ingénieur et chef de projet du nouveau téléphérique de Stoos, le funiculaire le plus escarpé au monde à ce jour, il était en contact étroit avec les deux parties dès la phase de planification, à partir de 2010. «À l’époque, je pensais qu’il était absurde de travailler les uns contre les autres. Au final, tout le monde bénéficie de la venue des visiteurs», se souvient-il.
Lorsque cet ingénieur a commencé à planifier le téléphérique de Stoos, il s’est rendu compte que le freinage générerait beaucoup d’énergie et qu’il serait possible de mettre celle-ci à profit. Par exemple pour un hôtel en projet qui serait situé juste à côté de la voie ferrée. Les hôteliers ont prêté une oreille attentive à Bruno, si bien qu’une installation spéciale d’eau chaude a vu le jour en collaboration avec René Koch, le propriétaire du Stoos Lodge. L’énergie générée lors du freinage de ce funiculaire détenteur du record du monde et la chaleur résiduelle de plusieurs machines permettent de chauffer l’hôtel et de produire son eau chaude de manière neutre en carbone. Ce système intelligent permet au Stoos Lodge d’économiser environ 41 000 litres de fioul par an. Se créer un réseau a donc porté ses fruits au sens propre du terme.