Piste de VTT de Marbachegg
Les cyclistes font le plein des télécabines en été
Les cyclistes font le plein des télécabines en été
«Waouh, cette fois-ci j’ai parfaitement réussi le dernier saut», s’exclame Raphael Stämpfli en souriant, avant de taper dans la main de ses deux amis. Les trois jeunes descendent de leurs vélos en discutant, remontent leurs casques intégraux et accrochent leurs vélos aux supports fixés sur les télécabines de Marbacheggbahn. Ils viennent de parcourir les 3,3 kilomètres de la piste de VTT, parsemée de sauts et de virages serrés. Tous trois habitent dans la région et viennent à Marbachegg dès qu’ils ont un moment de libre. «Je trouve génial qu’il y ait une piste aussi cool juste à côté», dit Raphaël. Mais en haut de la station, d’autres personnes enfourchent leur vélo, après avoir dû faire un trajet nettement plus long pour y arriver. Marbachegg est devenue une valeur sûre dans les milieux du vélo en Suisse alémanique.
Il y a dix ans, l’avenir de la petite station de ski de l’Entlebuch ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices. Les hivers, de moins en moins enneigés, causaient des maux de tête aux responsables de la société Sportbahnen Marbachegg AG. «Nous devions tenter quelque chose pour renforcer l’attractivité de la saison estivale», se souvient Martin Knüsel, président du conseil d’administration. «Aucun d’entre nous ne s’y connaissait vraiment en VTT, mais nous pensions qu’une piste serait une bonne idée pour attirer les familles.» Mais ce que l’entreprise chargée de la construction du parcours a ensuite créé, sous le téléphérique, était si bien pensé et varié que, quelques mois seulement après son ouverture, ce n’étaient plus quelques familles, mais des centaines de cyclistes enthousiastes qui affluaient à Marbach lors des beaux week-ends.
Nadine Felix, membre du jury
Ces nouveaux visiteurs et leur VTT, ont sauvé le domaine skiable. Et pas seulement parce que les forfaits journaliers se vendent désormais comme des petits pains. Les cyclistes s’arrêtent aussi dans le restaurant d’altitude, qui appartient également aux remontées mécaniques. Certains restent plusieurs jours, passent la nuit quelque part dans la région et font leurs courses à l’épicerie du village. Ainsi, toute la région profite de la présence des cyclistes.
Le fait que la planification et la construction de l’installation se soient déroulées sans la moindre dispute est considéré comme un petit miracle par les exploitants d’autres bike parks. «Nous avons impliqué les propriétaires fonciers, ainsi que presque tous les agriculteurs, dès le début», explique Martin Knüsel. Ils ont ainsi rapidement compris qu’eux aussi avaient quelque chose à y gagner. «J’en profite doublement», déclare Ueli Zihlmann, agriculteur de montagne. «Je reçois une généreuse compensation pour l’utilisation de mes terres et, comme je travaille également pour les remontées mécaniques, les cyclistes me procurent davantage d’heures de travail et donc un salaire plus élevé.»